Liliane KLAPISCH 

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© Stanley I. Batkin

Six peintures récentes et retour

Exposition du 7 février au 15 mars 2014

ENTRETIEN AVEC LILIANE KLAPISCH - Janvier 2014

 

 

Christine Virmaux : comment travailles-tu en ce moment?

Liliane Klapisch : J'ai vu énormément d'expositions, voir de la peinture crée une tension, une pulsion créative, Braque notamment pour qui j'ai beaucoup d’admiration. J'ai lu  aussi un livre passionnant sur ce qui se passe dans le cerveau quand tu as une émotion artistique…

Je peins en musique, la musique est très importante. Elle me donne une tension, un rythme. J'écoute d'ailleurs toujours la même chose depuis trois mois.

L'année dernière j'allais faire des croquis en noir puis je restituais à l'atelier c’était la digestion de ce qui avait été vu.

Mais cette année, pour réaliser cette série de tableaux, j’ai travaillé directement, c’est une réponse au réel. Le réel est tellement plus riche et plus imprévisible tu saisis l'instant.

 


CV: pourquoi le vide, le déséquilibre présent dans ton travail?


LK: J'essaie toujours d’être la moins bavarde possible.

Ce qui a toujours déclenché mon travail c’est l’étincelle entre la tradition et le présent, le réel.

Quand j'étais abstraite, j'ai commencé très sombre, mon maître Léon ZACK disait "tu peins des combats de nègres dans un tunnel".

Puis ma peinture s’est éclaircie peut-être par un processus de perception de la couleur en regardant Cézanne, Matisse.

Depuis que je suis figurative il y a une dimension affective, une ouverture sur la vie plus constante et une référence à la peinture classique. Le déclic visuel, l’arrière fond structure  la toile.

 

 

CV: et le vide? 


LK : Le vide augmente. Il me fascine, tous les mystiques ont été attiré par le vide, la présence divine le sublime, le vide de Mantegna.

Tout est dit dans le vide c’est le fil conducteur. Le réel est mis en valeur, la chose et son reflet, la réalité qui vous tombe dessus.

 


CV: le temps, l'espace, l'environnement dans lequel tu travailles?


LK : Le temps est réglé, l'imagination est réglée.

Je travaille avec une règle: je prends une feuille "du Monde" qui est hachurée, je passe mon pinceau pour faire un trait droit inachevé.

Le côté humain joue toujours en premier lieu: il faut sortir de soi-même.

La vie est liée à l'espace, à l'architecture, je suis de nouveau dans l'espace pictural européen après une longue absence.

A Paris l’espace est très beau il y a de grands vides. Ce n'est pas un hasard si Paris a attiré tant de peintres, pour moi c’est important de travailler à Paris.

Galerie des Patriarches

12, rue des Patriarches, 75005 Paris

Tél : 06 62 45 88 50